mercredi 25 avril 2012

Être chef ? Merci bien ! Vous n'avez rien d'autre à me proposer ?


 Les dents longues, l'ambition démesurée, la promotion à tout prix ? Cela n'a plus l'air aussi valorisant qu'avant pour la nouvelle génération appelée génération Y.


Et si on était en train de changer de cap ? Depuis quelque temps, nous allons dire une petite année, les états d'esprit sont en train de changer. Et si tous ces efforts pour atteindre le statut idéalisé de chef avaient fini par lasser cette génération que la presse et les médias ont nommé la génération Y, celle des 20-35 ans, adolescents ou jeunes trentenaires.
"Née entre 1980 et 1995, cette tranche de la population est celle qui a clos le XXe siècle. Elle n’a jamais connu le monde sans le Sida et a grandi avec les nouvelles technologies, succède à la "génération X", celle des enfants des baby-boomers. Ils ont la particularité de bouleverser complètement les repères, au risque de ne plus en avoir, ils se baladent le plus souvent avec un casque ou des écouteurs" (définition lue dans le journal Métro).
La hiérarchie, le rapport au pouvoir, les salaires exorbitants de certains dirigeants peuvent dégoûter. Les parents ont galéré, les enfants veulent vivre mieux. Le souvenir des journées infernales où ils ne voyaient pas leurs parents, car ils étaient de 8 h du matin à 20 h le soir dans les mains de personnes extérieures : la crèche, l'école, la nounou, et pour la plupart (un divorce sur deux mariages en IDF), ballotés entre deux familles, les jeunes d'aujourd'hui veulent bien faire des études, mais pour avoir une vie plus créative, plus proche de leurs aspirations profondes. 
Une vie qui ne soit pas dédiée uniquement au travail. Peut-être ont-ils réalisé que finalement l'entreprise n'était certainement pas une famille de substitution, mais plutôt la continuité d'une famille trop occupée à écouter vraiment ce qu'ils avaient à dire, à exprimer. Les émotions étant une fois pour toutes mises au placard, qu'allaient-ils devenir ? Certes, les réseaux sociaux ont eu tôt fait de pouvoir remplacer cette "pseudo famille", mais le courant actuel tend à prouver que cela dérive vers plus de lucidité. 
La volonté de vivre autre chose, plus authentique, plus chaleureuse, moins virtuelle, les a fait réfléchir. "Il y a chez les 20-35 ans, la volonté de réussir sa vie, plutôt que de réussir dans la vie" dit Luce Janin-Devillars dans son livre "Être mieux au travail". Attention, nous n'avons pas fabriqué une génération de paresseux, loin de là. Au contraire, loin des clichés des parents pour qui réussir à tout prix était d'avoir un poste à responsabilité, ils veulent travailler et sont prêts à travailler beaucoup à condition de n'être responsable que d'eux-mêmes. Créer sa boite, être son propre patron, gagner de l'argent bien sûr, mais que ce ne soit plus dans l'ostentatoire.
C'est vrai, nous les trouvons peu respectueux des hiérarchies, de l'âge, plutôt égoïstes, mais n'est-ce pas l'éternel discours sur la différence des générations ? Les ambitions sont là, mais plus au même niveau. Nous les retrouvons au niveau de la mission : pourquoi suis-je là ? Le niveau juste au dessus du niveau de l'identité dans l'échelle des valeurs de Robert Dilts, c’est le niveau d'appartenance et qui répond à la question : à quel monde je me sens appartenir
?

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