jeudi 10 janvier 2013

La résilience


«Dans la plupart des cultures, on est coupable d’être une victime»

Extrait d'une interview de Boris Cyrulnik

Quand on se penche sur les enquêtes épidémiologiques mondiales de l’OMS, on constate qu’aujourd’hui, une personne sur deux a été ou sera gravement traumatisée au cours de sa vie (guerre, violence, viol, maltraitance, inceste, etc.). Une personne sur quatre encaissera au moins deux traumatismes graves. Quant aux autres, ils n’échapperont pas aux épreuves de la vie. Pourtant, le concept de résilience, qui désigne la capacité de se développer dans des conditions incroyablement adverses, n’avait pas été étudié de manière scientifique jusqu’à une période récente. Aujourd’hui, il rencontre un succès fabuleux. En France, mais surtout à l’étranger. En Amérique latine, il y a des instituts de résilience, en Hollande et en Allemagne, des universités de résilience. Aux Etats-Unis, le mot est employé couramment.

Les deux tours du World Trade Center ont été surnommées «the twin resilient towers» par ceux qui les ont rebâties

Pourquoi ce concept n’a-t-il pas été étudié plus tôt?Parce qu’on a longtemps méprisé les victimes. . Une femme violée, par exemple, est souvent condamnée autant que son agresseur: «elle a dû le provoquer», dit-on. Parfois, la victime est même punie plus sévèrement que l’agresseur. Il n’y a pas si longtemps, en Europe, une fille qui avait un enfant hors mariage était mise à la rue alors que le père ne courait guère de risques, ou une fille violée dans les pays du Maghreb obligée d'épouser son agresseur .
Les temps changent, mais trop lentement. Nous pouvons même apprendre aux enfants à être des résilients, c'est à dire savoir se débrouiller en toute circonstance,

Un petit livre que je vous conseille : "la Résilience" edition Jouvence.
Quelles sont donc les facultés extraordinaires des personnes qui semblent être hors du commun ? Rosette Poletti et Barbara Dobbs montrent avec clarté qu'elles n'ont en réalité rien d'exceptionnel, mais qu'elles ont développé des qualités que nous avons tous en nous à un certain degré :
- qualité de la communication
- sens des valeurs
- savoir exprimer de la gratitude et savoir pardonner
- vivre dans l'instant.

Ce sont de fait les bases pour être forts en soi et heureux.

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